Billets ( doux et moins doux)

Voici trois textes diffusés récemment sur la Lettre d’information d’AGIS.Si vous désirez la recevoir, veuillez vous inscrire :

LA PLAINTE

Oui c’est bon de se plaindre.
C’est bon de se faire plaindre.
On est souvent tenté de plaindre ceux qui souffrent.
Alors, pourquoi la plainte a-t-elle si mauvaise presse ?
Dans les cas suivants:
–    On se plaint trop longtemps, et on lasse l’interlocuteur
–    On se plaint mal,  et on  enchaîne les jérémiades, au lieu de se risquer à plus d’authenticité
–    L’interlocuteur  est rendu impuissant devant une plainte qui prend toute la place
–    On ne fait aucune demande visant à soulager la souffrance
–    On se plaint à partir d’une position régressive ( l’état du Moi Enfant, selon l’analyse transactionnelle) et on projette sur l’autre une «  bonne mère » qui n’est en fait ni mère, ni  si bonne que cela.

Dans la relation d’aide, trois sortes de plaintes peuvent émerger :
–    les plaintes liées à la souffrance personnelle ( maladie, conditions sociales de solitude ou de handicap)
–    les plaintes liées à l’environnement ( « c’est de leur faute ! » )
–    les plaintes liées à la relation avec l’interlocuteur ( reproches sur les paroles, le comportement..)

Alors, la plainte serait-elle uniquement destinée à trouver conseils et soutien émotionnel ?
A être le vecteur d’un reproche ?
Une façon d’évoquer une situation délicate, non-dite, voire taboue ?

Quoi qu’il en soit, il faut toujours écouter une plainte.  Au moins durant un moment.
Avec empathie : acceptation et respect de l’autre, même si on ne partage pas son point de vue.
En sachant prendre du recul : la personne a-t-elle d’autres sujets de plainte ?
En recadrant,  sur les aspects positifs.
En donnant un conseil, à condition qu’il soit accepté, voire demandé réellement, ce qui est rarement le cas, au grand dam des conseilleurs professionnels !

Face à une plainte démesurée et inadéquate, la bonne vieille phrase contractuelle reste une bonne recette : ‘ Que puis-je faire pour vous ? Qu’attendez-vous de moi ? » avec ses variantes :
«  Avez –vous une question à ma poser ou une demande à me faire à ce propos ? »
L’état du Moi Adulte est alors activé. Il ne réagira pas  forcément, mais il aura eu l’occasion de s’exprimer. On ne va pas se plaindre !

Dr Christophe Marx

L’autonomie 

De nombreux disciples sont réunis dans la clairière.
Le Maître est en méditation, sur une colline, à proximité.
Ses yeux sont fermés, un sourire énigmatique éclaire son visage illuminé de l’intérieur.
Personne n’ose évidemment le déranger. Mais cela fait quand même trois jours qu’ils sont tous là. Ils sont venus pour le voir et l’écouter : mais le maître ne daigne même pas ouvrir les yeux.
Le matin du quatrième jour, n’en pouvant plus d’attendre, l’un des disciples s’enhardit à s’approcher. Il touche l’épaule du sage, et lui dit ” Maître, dis nous quelque chose!”
L’Homme Réalisé ouvre les yeux, et répond, le regard au loin :
– ” Savez-vous ce que vous avez besoin d’entendre?”
– “Non, Maître!”, reprend le disciple, pris au dépourvu.
– ” Alors de quoi puis-je vous parler si vous ne savez pas ce que vous voulez entendre ?”
Il ferme alors les yeux, et reprend sa méditation profonde.
Le disciple redescend vers la foule pour restituer ce court entretien;
Ces propos sont certes empreints de sagesse, mais les disciples restent sur leur faim.
Le lendemain, un autre disciple se risque à retourner vers le Maître.
Comme la veille, il lui touche l’épaule, le Maître demande évidemment :
– ” Savez-vous ce que vous avez besoin d’entendre?”
Le disciple change évidemment de réponse, et répond cette fois par l’affirmative !
“- Alors, si vous savez ce que vous avez besoin d’entendre, que puis-je ajouter ?” dit le Sage avant de se remettre en méditation profonde.
Une sourde colère se répand alors dans la foule.
Ils préparent alors un stratagème pour le lendemain : ils s’approchent tous du Maître.
Le même dialogue commençe :” Savez-vous ce que vous avez besoin d’entendre ?”
La moitié des disciples hoche positivement la tête, l’autre moitié oscille du chef en signe de dénégation.
Alors le Maître dit:
” Alors que la moitié que le sait le dise à la moitié qui ne le sait pas!”
Il referme les yeux, et son sourire intérieur continue de se lire sur son Très Sage Visage.

Anonyme – Recueilli pour les lecteurs d’AGIS par le Dr Christophe Marx

Mais pourquoi se former ?

On me demande souvent à quoi sert la formation …
Que de temps perdu ! Que d’argent gaspillé..
Voilà  une histoire édifiante qui va éclairer votre lanterne.

Grand Louis et Petit Jean   sont bûcherons.
Mais Petit Jean est petit, et pas très costaud.
Grand Louis, comme son nom l’indique, est un colosse, musclé et puissant.

Ils sont amis, et partent couper du bois  ensemble.
A la fin de leur journée de travail, l’un a coupé un énorme tas. L’autre n’a abattu qu’un petit tas.
Vous devinez sans doute lequel.
Le plus étonnant, est que celui qui a abattu le plus d’arbre, n’est pas très fatigué : il s’est arrêté régulièrement,  et fait des pauses fréquentes.
Celui qui n’a à son actif que le plus petit tas de bois et pourtant exténué : il n’a même pas pris le temps de manger convenablement.

Approchez-vous, et reconnaissez votre erreur : le bûcheron efficace et pas très fatigué… c’est Petit Jean !
C’est Grand Louis, qui, malgré sa force, s’est épuisé pour par grand chose.

Quel est le secret de Petit Jean ?  Une potion magique, une formule alchimique ?
Non : une lime, tout simplement.

Il s’asseyait régulièrement, et affûtait les dents de la scie.

Dr Christophe Marx

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