J’ose espérer et je veux croire…

J’ose espérer, et je veux croire…
Cette expression laisse entendre qu’espérer ne va pas de soi, et que croire procède d’une décision consciente.
Voilà qui va à l’encontre d’une idée reçue selon laquelle ces  mouvements de l’esprit seraient spontanés, qu’ils s’imposeraient à nous.
L’espoir est constitué d’une attente, d’une aspiration vers un but.
Théocrite le premier aurait écrit la phrase devenue célèbre : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! ».
Epictète, ajoute sagement : «  Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir ».
Alphonse Allais enchaîne malicieusement : «  Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer, en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids ».

Voici quelques histoires, qu’on dit vraies. Elles sont plausibles en tout cas, et n’auraient aucun intérêt si elles étaient inventées :

Première histoire: La femme de ménage
Durant mon deuxième mois au collège, notre professeur nous a donné un petit examen surprise. J’étais un étudiant consciencieux et j’ai répondu aisément à toutes les questions jusqu’à ce que je lise la dernière question :
– Quel est le prénom de la femme de ménage de l’école ?
Il s’agissait certainement d’une blague. Je l’avais rencontrée plusieurs fois. Elle était grande, cheveux foncés et dans la cinquantaine, mais comment j’aurais pu savoir son nom ? J’ai remis mon examen en laissant la dernière question sans réponse. Juste avant la fin du cours, un étudiant a demandé si la dernière question comptait pour la note de l’examen.
– Absolument, a répondu le professeur. Durant vos carrières, vous allez rencontrer beaucoup de gens. Ils sont tous importants. Ils méritent tous votre attention et vos soins, même s’il s’agit simplement d’un sourire et d’un bonjour.
Je n’ai jamais oublié cette leçon. J’ai aussi appris qu’elle s’appelait Chantal..

Deuxième histoire  : L’aide sous la pluie
Dans la soirée, vers 23h30, une femme âgée noire se tient le long d’une autoroute de l’Alabama tentant de se protéger de la pluie battante. Son auto est tombée en panne et elle a désespérément besoin d’un transport. Détrempée, elle décide de demander l’aide de la prochaine voiture qui passe. Un jeune homme blanc s’arrête pour lui porter secours, situation très peu courante dans les années 1960 troublées de conflits raciaux. Le jeune homme l’amène en sécurité, l’aide à trouver du secours et lui procure un taxi.
Elle a l’air très pressée, mais prend le temps de noter son adresse et le remercie.
Quelques  jours plus tard, on vient cogner à la porte du jeune homme. A sa grande surprise, on lui livre une télévision couleur grand format. Une note y est attachée. Elle dit :
“Merci beaucoup de m’avoir porté secours sur l’autoroute l’autre jour. La pluie avait transpercé non seulement mes vêtements mais aussi mon esprit. Puis vous êtes arrivé. Grâce à vous, j’ai pu me rendre au chevet de mon mari mourant juste avant qu’il ne rende l’âme. Dieu vous bénisse pour m’avoir aidé et pour votre dévouement pour les autres. Bien à vous, Mme Nat King Cole.”
[Note: Nat King Cole est un pianiste de jazz très célèbre, décédé le 15 février 1965]

Troisième histoire : Pensez toujours à ceux qui servent
A l’époque où un Sundae de crème glacée coûtait beaucoup moins, un petit garçon de 10 ans entre dans le café d’un hôtel et s’assoit à une table. Une serveuse dépose un verre d’eau devant lui.
– Madame, c’est combien pour un Sundae de crème glacée ? demande-t-il.
– 50 centimes, répond la serveuse.
Le petit garçon sort la main de sa poche et se met à examiner la monnaie qu’elle contient.
– Bien, combien pour un simple plat de crème glacée ? demande-t-il.
A ce moment il y a des gens qui attendent pour une table et la serveuse commence à perdre patience.
– 35 centimes, répond-elle sèchement.
– Je vais prendre le plat de crème glacée, dit-il.
La serveuse lui apporte sa crème glacée, dépose l’addition sur la table et s’en retourne. Le garçon finit sa crème glacée, paie à la caisse et s’en va.
Quand la serveuse revient, elle a la larme à l’oeil en nettoyant la table : Bien placé au côté du plat vide, il y a 15 centimes. Le petit garçon ne pouvait pas prendre le Sundae parce qu’il devait lui rester suffisamment de monnaie pour laisser un pourboire…

Quatrième histoire : Donner quand ça compte
Il y a plusieurs années, quand je travaillais comme bénévole dans un hôpital, j’ai connu une petite fille qui s’appelait Elisabeth. Elle souffrait d’une sérieuse maladie rare. Le seul espoir qu’elle s’en remette semblait être qu’elle reçoive une transfusion sanguine de son petit frère de 5 ans qui avait miraculeusement survécu à la même maladie et avait développé les anti-corps requis pour la combattre.
Le médecin expliqua la situation au petit frère et lui demanda si il serait prêt à donner son sang à sa soeur. Je l’ai vu hésiter un instant avant de prendre une grande respiration et répondre :
– Oui je vais le faire si c’est pour la sauver.
Au cours de la transfusion, il était étendu dans un lit au côté de sa soeur et il a souri, comme nous tous, quand il a vu sa soeur reprendre des couleurs. Puis il a pâli et son sourire s’est fané. Il a levé les yeux vers le médecin et lui a demandé d’une voix tremblante :
– Est-ce que je vais commencer à mourir tout de suite ?
Le petit garçon avait mal compris le médecin ; il croyait qu’il devait donner à sa soeur tout son sang pour la sauver.

***

L’espoir est souvent confondu avec l’espérance, une vertu bien différente. L’espérance est l’attente confiante  dans la réalisation de quelque chose.

Tout se passe comme si la confiance prenait le pas sur la probabilité :
quand il n’y a plus d’espoir, il reste la possibilité de l’espérance.

L’être humain a la liberté de faire confiance à  l’avenir, alors même que tout semble aller dans la mauvais sens.

Croire,  c’est décider d’être libre.
L’espérance,  c’est l’horizon de l’âme.

Dr Christophe Marx- Janvier 2010

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