Oui ou non, récolte-t-on ce qu’on sème ?

La vie est dure.

C’est vrai qu’il est difficile de faire face aux épreuves, mais aussi de faire face aux autres : à ceux qu’on aime,  à ceux qu’on n’aime pas, à ceux qu’on aime trop, à ceux qu’on aime mal, à ceux qui nous aiment trop et mal, ou trop peu, à ceux qui nous détestent que ce soit réciproque ou non.

Pas facile non plus de faire face à soi-même : à ses propres contradictions, hésitations, zones d’ombre, regrets, remords, hontes  de toutes sortes et de toutes origines.

Il semble que dans cet imbroglio menaçant, on possède quelques outils de repérage, des boussoles réglées sur le nord d’une communication saine.

Par exemple celui dont Matthieu  me parlait l’autre jour :

«  Que ton oui soit oui, que ton non soit non ».

Un peu simpliste ? Pas tant que cela. Voyons voir.

Je dis oui, mais je pense non.

Je dis oui, mais je pense peut-être pas.

Je dis oui, vite vite, pour faire plaisir, en fait je ne sais pas.

Je dis oui pour que l’autre me dise oui.

Je dis oui parce que tout le monde a dit oui.

Je dis oui parce que j’ai peur, ou que je me sens coincé.

Je dis non, mais je pense oui.

Je dis non, mais je pense peut-être.

Je dis non, parce que c’est un jour pair, demain je dirai oui.

Je dis non juste pour l’embêter

Je dis non parce que je suis en colère.

Je dis non parce que je ne sais pas dire autre chose.

Du coup, un vrai oui, un vrai non, ça change la vie.

Non ? !

Oui.

La vie est injuste

Jean a une  bonne idée sur l’une des causes de cette injustice : Ce n’est pas le même qui sème et qui moissonne.

Six possibilités  découlent de cette observation, somme toute simplissime.

Deux d’entre elles sont acceptables : quand on  sème l’amour et la paix, alors on récolte bonheur et félicité. Normal, et tant mieux pour nous.

Celui qui sème la haine et la violence, moissonne  la cruauté et la sauvagerie. Bien fait pour lui.

La troisième est frustrante : lorsqu’on sème l’amour mais qu’on  ne le récolte pas soi –même. Si on s’est bien décarcassé, ça peut mettre les boules.

La quatrième laisse perplexe et vaguement mal à l’aise : quand on récolte de l’amour  alors qu’on ne l’avait pas semé : bonne nouvelle pour nous, mais qui laisse un petit arrière-goût d’immérité.

La cinquième est scandaleuse : quand on  sème de la violence mais qu’on ne la récolte pas, alors qu’elle va en détruire d’autres qui n’avaient rien demandé.  C’est pas juuuuuuste !

La sixième est intolérable : quand on récolte la  violence sans l’avoir semée.

Si vous connaissez le moyen de moissonner  à coup sûr les belles choses qu’on a semées, adressez moi un petit courriel : je ferai passer à mon carnet d’adresse.

Christophe Marx

Février 2015

Pour donnez votre avis sur ce billet :

Retour à la liste des publications

Aucun commentaire

Réagissez au texte