Anecdotique

Centre de reproduction de Chengdu, en Chine.
Ai In, une femelle panda de 6 ans présente tous les signes d’une grossesse débutante.
Bichonnée, elle voit  sa ration de bambous doublée.
Elle semble apprécier les traitements de faveur que son état lui permet de mériter.
Mais quelques semaines après, les signes de grossesse disparaissent un à un.
Wu Kongju, l’expert du centre pose son diagnostic : gestation fantôme simulée pour obtenir une amélioration des conditions de vie.
Un phénomène parfois rencontré chez les espèces menacées.

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Intercall, une firme américaine qui n’a pas peur des risques a réalisé un sondage sur la manière dont on vit là-bas les conférences téléphoniques sans visuel.
C’était prévisible, mais les chiffres sont là : tout en parlant avec son patron ou ses collaborateurs on envoie des mails ( (63%), on mange (55%), on s’installe aux WC ( 47%), on joue à des jeux vidéo ( 25%), on fait du shopping en ligne ( 21%).
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Arizona, août 2014.
Au stand d’apprentissage au tir, on s’entraîne aujourd’hui à l’arme automatique.
Hier, on pratiquait  avec d’autres armes : celles qu’il faut recharger après chaque coup.
Archaïque, d’accord, mais quand on aime les armes, on respecte les traditions.
Donc aujourd’hui, on tire avec un flingue qui sait envoyer automatiquement cinq  balles par seconde, tant qu’on appuie sur la gâchette.
La stagiaire du stand N° 4 n’est pas en forme aujourd’hui. Ses gestes sont approximatifs, ses tirs manquent de précision, son humeur est exécrable. Son visage est explicite : elle est au bord des larmes.
Constatant qu’elle avait fait une fois de plus un mauvais score, elle se laisse aller en arrière, se tourne avec dépit  et l’arme, mal tenue par le bras relâché, décrit un arc de cercle.
Mais l’index n’avait pas quitté la gâchette.  La rafale arrose tout sur son passage.
La tête de l’instructeur éclate comme une pastèque frappée par un karatéka en démonstration.
L’élève pousse un hurlement, paralysée par l’horreur.
Elle ne sera pas  sanctionnée, d’autant que les psychologues décommanderont  tout ce qui risquerait  d’aggraver son état de stress post traumatique.
Elle manquera l’école juste un mois, le temps de se remettre.
A 9 ans, un mois d’école, ça se rattrape.

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Samerei Alinejad, une mère de famille iranienne a perdu un fils dans un accident de moto. Un deuxième fils poignardé dans une bagarre.
L’assassin de son fils va être pendu, devant ses parents, devant une foule hostile.
Samerei, en tant que mère de la victime a le droit de pousser la chaise où est assis le condamné, corde au cou. Il mourra pendu.
Ce dernier implore le pardon de la mère éplorée.
Elle lui répond folle de colère : ” Comment te pardonner ? Tu as pensé à  la mère et au père de mon fils, toi ?”
Et devant les yeux médusés de l’assistance, Samerei gifle à la volée le jeune homme… Puis lui  retire le bandeau qui l’aveuglait, et dégage son cou de la corde qui allait le pendre.
Elle a raconte : «Après ça, j’avais l’impression que ma colère s’était dissipée de mon coeur. Comme si le sang dans mes veines avait recommencé à couler».
La mère du condamné ainsi gracié in extremis sur précipite pour baiser les pieds de Samerei. Cette dernière la relève, et lui dit qu’elles sont toutes les deux mères, et qu’elles peuvent se comprendre.
Samerei Alinejad conclura : ” Je me sens en paix, je me sens calme maintenant. La vengeance a quitté mon coeur”.
Les copains des bagarreurs sont allés, solennellement, enterrer trois couteaux dans le sable de la plage.
Bien profondément.
Pour que personne ne les déterre.
Jamais.

Christophe Marx

Septembre 2014

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