De la maternelle au mariage : faux semblants, idées reçues, et croyances à tous les étages.

D’abord un petit détour par l’école maternelle. Les prénoms ont été changés, mais l’histoire est véridique.

Tania ( 4 ans et 2 mois) inquiète sa maîtresse. Elle alterne les moments d’agitation et de cris intempestifs avec des périodes d’abattement et de tristesse incontrôlable.
L’enseignante, dûment formée à repérer chez ses élèves les prémices d’une maladie mentale, prévient la mère. Qui s’inquiète évidemment, et appelle tout naturellement un médecin.
L’homme de l’art, perplexe, appelle à la rescousse un encore plus savant, psychiatre attesté par la Faculté.
Ce dernier évoque une maladie bipolaire débutante : ces alternances d’humeur ont de quoi mettre la puce à l’oreille.
Mais le diagnostic se corrige après quelques jours, grâce aux confidences de la meilleure amie : Vania ( 4 ans et 4 mois) révèle le scoop : Tania avait un amoureux ( Amélien 3 ans et 11 mois) qui lui a tout a coup préféré Naïma ( 4 ans tout rond).
Tout est clair désormais : Tania n’est pas bipolaire, mais seulement dépressive, en rapport avec un sentiment d’abandon, puisque Amélien a rompu brutalement.
Il est notoire par ailleurs que les parents de Tania sont séparés et très fâchés l’un contre l’autre. Mais c’est tellement banal que le diagnostic ne peut reposer sur un si petit détail.

NON, on ne doit pas plaquer sur les enfants nos projections d’adultes. Pitié pour eux.

Sans transition, évoquons maintenant la cruciale et redondante aventure conjugale.

On répète à Elodie qu’elle est pénible, méchante, jalouse. Son mari dit même « casse-bonbon ». L’expression, bénigne, cache mal une situation très tendue, voire au bord de la rupture.
NON, Elodie n’est pas une garce, elle est en colère. Mais elle ne le sait pas. Elle a pourtant accumulé les thérapeutes et les thérapies. Elle est tout bonnement folle de rage, en permanence. Contre elle-même, croit-elle. En fait contre le monde entier : sa mère, le système libéral, Berlusconi, les mecs en général, sa patronne ou le réchauffement climatique.
Et cela panique littéralement les hommes. Vu que l’idéal de tout homme est de se marier avec une femme gentille ( Tracy Mc Millan(Note 1), célèbre journaliste à Los Angeles, dit « someone who is nice to them »). La colère des femmes terrifie les hommes.

NON, personne n’avait prévenu les femmes que leur tâche principale en tant qu’épouse serait de faire avec la peur et l’insécurité de leur mari.

Clara pour sa part, ne trouve pas chaussure à son pied. Mais pourquoi n’a-t-elle pas un compagnon près d’elle, prêt à partager le pire et le meilleur ? Elle a pourtant déterminé un cahier des charges assez précis : elle veut un homme grand. Ou riche. Ou qui connaisse le nom des poètes de la Pléïades !
Malheureusement, ce sont les attentes d’une adolescente. Pas d’une femme. Et les hommes ne veulent pas se marier avec une adolescente. Car les adolescentes ne sont jamais heureuses.
Et pour la cuisine, elle sont en général assez nulles.

La principale qualité qu’il faut rechercher chez un homme, c’est qu’il ait « du caractère ».
Si Clara cherchait vraiment un homme avec du caractère, elle l’aurait déjà trouvé.
Car ces hommes à la forte personnalité sont, par définition, ceux-là mêmes qui veulent s’engager.

Clara ne s’accorde pas beaucoup de valeur. Elle ne cherche pas un homme qui soit à son niveau, mais qui soit « plus » qu’elle : un meilleur job, une meilleure famille, une plus belle apparence…Mais les femmes qui ne reconnaissent pas leur valeur font de terribles épouses. Elles peuvent faire illusion un certain temps, mais au bout du compte, elle ne pourront aimer leur mari plus qu’elles ne s’aiment elles-mêmes.
Cela, les hommes intelligents le savent.

Finalement le mariage pourrait être l’occasion, déroulée sur le long-terme, d’aimer quelqu’un même quand il ne le mérite pas.

Clara va finalement rencontrer un bonhomme, mais il se révélera la plupart du temps bordélique, il sentira des pieds, il aimera se gaver de spaghetti bolognaise et ne fera presque jamais ce qu’elle attendra de lui.

Mais Clara finira par décider de devenir elle-même une personne profonde, généreuse, fiable, et de donner son meilleur, quoiqu’il arrive ;
Alors elle l’aimera quand même.
Et elle trouvera par là-même le sens profond de ce qu’elle cherche depuis toujours.
L’amour. (2)

Dr Christophe Marx

1- . I Love You and I’m Leaving You Anyway – Harper Collins/It Books
2- Il est probable que certains hommes, rares au demeurant, puissent bénéficier des conseils ici prodigués aux femmes. Peut-être ceux qui veulent une femme qui ne soit pas que « gentille » !

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