Dogme et radicalisation Dr Christophe Marx Janvier 2016

Marre des dogmes.

Marre des vérités inculquées avec violence ou emprise.

Une fois de plus, Georges Brassens à ma rescousse ! : «  Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint, se borne à ne pas trop emmerder ses voisins… »

La sagesse populaire rajoute son grain de sel, sans élaboration intellectuelle excessive : «  Quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, on a bien le droit de penser ce qu’on pense … »

Certes.

Mais sommes-nous alors condamnés à la solitude des convictions ?

Notre pensée doit elle tourner en rond dans la cage de notre crâne, pour éviter qu’on l’accuse de volonté hégémonique ?

Faut-il accepter cette bulle d’isolement, arc-boutés que nous sommes contre un consensus forcément symbiotique, voire abusif ?

On connaît  néanmoins  un texte  qui a l’ambition de nous rassembler –et qui n’obtient pas l’adhésion tout le monde : la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Regardons de plus près quelques extraits de son fameux préambule :

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »

Voilà une affirmation, certes sympathique, mais qui n’est fondée sur rien.

C’est quoi la dignité humaine ? Définition du mot dignité, s’il vous plait. A y être, rajoutez moi la définition de humain…

Qui a dit que les humains étaient tous membres d’une famille ?

Pourquoi mettre la liberté, la justice et la paix dans le Top3 des valeurs ?

Faut-il respecter des valeurs, d’ailleurs ?

« Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations. »

Allons bon, voilà l’amitié maintenant ! Avoir un bon copain… La lala laaaaa.

L’amitié, ça ne se décrète pas.

« Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes… »

Leur foi ! On n’a pas évacué Dieu, l’Être Suprême, le Pape et consorts, pour se retrouver à proclamer à nouveau… sa foi !

« L’Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations… »

Ben voyons ! On va nous dicter un idéal commun à atteindre. Elle est belle la liberté !

Non décidément, un texte soi-disant consensuel qui véhicule des idées aussi dogmatiques, c’est louche.

Cessons la moquerie facile,  et prenons un peu de hauteur, pour débusquer où se niche réellement  ce qui menace notre humanité. Accueillons sans réserve cette Déclaration des Droits Humains.

Le problème ne réside pas dans la fait de croire, d’avoir une foi… C’est même plutôt encourageant de croire ensemble à … quelque chose.

Le critère de la nocivité d’une attitude, c’est qu’elle conduit à l’amertume, au jugement –fût-ce au nom d’un dieu –à  l’absence de compassion et de joie.

Le dogme n’a rien à voir là-dedans. On peut choisir de se référer à  un dogme, ce n’est pas un péché !

Raimon Panikar remonte à l’étymologie du mot : un dogme est en fait un simple « canal, un instrument par lequel nous cherchons, sans cesse,  à cerner un mystère dont le noyau nous échappera toujours ».

La question est de savoir bâtir un pluralisme sain, qui permet une coexistence des cultures et des civilisations, reconnaissant qu’aucune culture, religion ou tradition, n’a le droit à elle seule de prétendre représenter la panoplie universelle de l’expérience humaine, ni le pouvoir de réduire les diversités de l’humanité à une seule forme aussi large qu’elle puisse être.

Peut-être faudrait-il alors  déconnecter les droits de l’Homme de la forme occidentale qu’ils ont prise afin d’en faire des valeurs véritablement universelles ?

Et si on trouvait une formulation qui puisse susciter l’adhésion du plus grand nombre ?

Une fois cette universalité posée on pourrait alors la décliner au gré des langues, des imaginaires, des contextes…

Il n’est de Sujet humain que libre.

La pierre d’achoppement, sur le chemin de cet universel, c’est  la notion de liberté.

Travaillons, ensemble, cette notion en priorité.

Radicalement.

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Christophe Marx

Janvier 2016

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