Un genre peut en cacher un autre – Novembre 2018

 

J’attends le train sur le quai désert.

J’écoute sur mon iPhone une chanson d’Anne Sylvestre. Je n’ai pas mis l’oreillette, car l’endroit est désert, et le volume est modéré : il est clair que je ne dérange personne, d’autant que j’ai disposé le haut-parleur près de mon oreille.

 

Sans que je le voie arriver, un homme s’approche de moi, et reste un moment à mes côtés. Il est jeune, coiffé d’une casquette informe, et porte sur l’épaule un improbable sac à dos. Les bien-pensants diraient qu’il a mauvais genre.

Comme je m’apprête à baisser le son, puisque je ne suis plus seul, il s’adresse tout à coup à moi :

«  Pardon, monsieur, connaissez vous le nom de la dame qui chante ? »

La question me surprend, et je lui réponds aussitôt :

  • « Bien sûr, c’est Anne Sylvestre »
  • «  J’ai entendu cette chanson à la radio, elle m’a plu, mais je n’ai pas entendu le nom de la chanteuse. »

Il ajoute :

  • «  C’est une belle chanson à écouter ! Surtout le jour contre la violence faite aux femmes »

 

Effectivement, la chanson s’appelle « Douce Maison » et parle d’une femme violée.

 

https://www.youtube.com/watch?v=uDwkl8_YyBE

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Je découvre seulement maintenant une publication déjà ancienne à l’heure où j’écris ces lignes. Elle date de 2011 mais le contenu ne s’est pas démodé.

D’après ces auteurs, la proximité d’un nourrisson fait monter chez l’homme son taux de prolactine (l’hormone de l’allaitement) et diminuer son taux de testostérone (l’hormone de la virilité).

Voilà qui est bien utile en cas d’absence temporaire ou définitive de la mère.

Donc, tout homme, quelle que soit son origine, sa culture, son métier, sa psychologie… présente une féminisation physiologique en présence d’un bébé.

On savait que « mère » et « activité sexuelle » n’allaient pas ensemble.

Mais si la « maternitude » concerne aussi les hommes – et pas seulement les pères !- alors il va falloir réviser en profondeur nos conceptions simplistes sur la sexualité, le genre et la parentalité !

Deux questions peuvent sans doute être posées à la suite de cette observation :

  • Peut-être faut-il éloigner un peu les bébés de la chambre conjugale, le temps de retrouver l’énergie nécessaire à la sexualité ?
  • Un contact régulier avec des bébés a-t-il des chances d’apaiser tant soit peu les ardeurs guerrières des hommes ?

En tout cas, on peut dire désormais que les hommes sont des mères comme les autres !

 

 

Gettlera L.T. , McDadea T.W., Feranilc A.B. & Kuzawa C.W.
Longitudinal evidence that fatherhood decreases testosterone in human males

Revue :  Proceedings of the Nationla Academy of Sciences of the USA

2011 108 (39) 16141-16142
 

Christophe Marx

Novembre 2018

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