Mars et Vénus … Mise à Jour 2.0.10

Les hommes et les femmes sont différents.

Voilà près de quinze ans que Mars, Vénus et consorts  nous rebattent les oreilles de leurs  observations révolutionnaires.

Avouons qu’en leur temps, elles furent bienvenues.

Certaines pépites furent  même ramassées au milieu d’un flot de banalités,  et l’imagerie médicale fournit  d’improbables confirmations neuro-anatomiques  de la différence entre le cerveau masculin et féminin.

La différence entre les hommes et les femmes sautait pourtant aux yeux de certains depuis que le  monde est monde.

D’autres ne faisaient que la pressentir,  et leur intuition était souvent confirmée.

 

Le trouble fut semé dans l’esprit  des plus curieux lorsqu’ils découvrirent que certains hommes avaient un fonctionnement ( un cerveau ?) plutôt féminin, et réciproquement pour les femmes. Les hommes, en fait,  pleuraient plus souvent qu’à leur tour, et les femmes se débrouillaient   finalement plutôt bien avec les cartes routières.

On alla même jusqu’à prétendre que nous étions seulement  des être humains, vaguement répartis sur un continuum « masculin/féminin », mais  qu’il n’y avait d’hommes et de femmes que dans une vision culturelle parfaitement contingente.

Pouvait-on alors valablement diviser l’humanité en  ces deux catégories radicalement incontournables ? Allions-nous défier les mythes créateurs dont le plus célèbre affirme que c’est « mâle et femelle »  que la divinité nous créa ? *

Alors dans quelle mesure est-il encore pertinent de se revendiquer comme homme et femme ?

De se dédouaner de ses défauts sous prétexte qu’on les partage avec la moitié de l’humanité ?

De reprocher à l’autre ses travers au motif que c’est un trait commun à tous ses congénères ?

Faut-il miser au contraire sur une profonde homogénéité de notre nature humaine ?

 

Où ranger  notre bon sens, certes « historiquement contingent », mais qui  s’enracine si loin dans notre psychisme archaïque  et qui suggère qu’un monsieur ce n’est pas une dame, à moins de faire semblant. Ou comme si.

 

La nouvelle génération  aborde-t-elle  la question des sexes autrement que naguère ?

On en douterait  en lisant cette affirmation récemment  proférée dans une copie d’histoire par un candidat au bac :

 

« Les amazones étaient comme les femmes, mais encore plus méchantes »

 

 

*Cette question, toute théorique, ne trouve de prolongements pratiques que dans de rares situations, qui resteraient  dans le registre de la vie privée si l’idéologie ne venait   les  monter en épingle.

 

 

Christophe Marx

Septembre 2010

 

 

Retour à la liste des publications

Aucun commentaire

Réagissez au texte