Noël ? Bon d’accord…

Noël :

C’est un prénom : dont la fête, mauvaise pioche, tombe un jour férié. Les cadeaux seront dilués ou regroupés par la veillée en famille. Les « Noël » feront un club avec ceux qui sont nés fin décembre.

 

C’est la promesse de joujoux : Quand on est enfant, c’est magique : les yeux s’écarquillent, et l’attente est insoutenable. Mais quand on est rassasié toute l’année de tout ce dont on a besoin, et lorsque le sapin vacille sous l’abondance des emballages colorés, la magie s’affadie un peu, à force.

 

C’est la commande au Père Noël : on tend le catalogue à l’enfant. Il entoure trois jouets à chaque page. Il s’attend à tout recevoir. Il n’a pas compris que le message est en fait : «  Aide nous à choisir un ou deux jouets, parmi tes préférences. Nous déciderons en fonction de notre budget, et nous n’osons pas t’annoncer à quel point tu vas être frustré de ne pas recevoir l’intégralité de ta commande ! »

 

C’est une fête familiale : Soit la famille s’entend bien, et a l’habitude de se réunir avec plaisir. Ce soir là sera une occasion de plus, et voilà tout. Soit la famille ne s’entend pas si bien que cela, et la réunion volontariste et ritualisée à l’extrême tourne à la corvée. Mais qui l’avouera ?

 

C’est l’occasion de se gaver. La tradition impose les huitres, le saumon fumé, le foie gras et la bûche. En plus bien sûr des verrines de l’apéritif, du hors d’œuvre, du plat de résistance ( « Résiste ! Prouve que tu existes ! » …) du plateau de fromage, des desserts maisons et pas maison, des chocolats, des marrons glacés, des dattes fourrées et autres friandises.

 

 

C’est l’anniversaire du petit Jésus. Qui ? C’est celui dont la naissance fait démarrer notre ère. Pas mal comme référence, mais encore ? Les croyants (ceux qu’on appelle comme cela, car en fait tout le monde est croyant : en la vie, en l’homme, en une divinité, en eux, en rien …) disent qu’il s’agit ni plus ni moins que de Dieu lui-même. Un bébé fragile dans la mangeoire d’une pauvre étable, qui finira crucifié après avoir vécu comme un SDF. Histoire paradoxale pour le moins ! La fable se radicalise quand on les entend prétendre qu’il sauve l’humanité du mal et de la mort. Ca semble fou. On saura gré à ces fous-là de rester non violents. Et souvent leurs yeux brillent en racontant ce qu’ils estiment être une bonne nouvelle pour tout le monde. C’est pas si fréquent les bonnes nouvelles. Surtout si on n’est pas forcé d’y croire.

 

C’est la fête de l’espérance: car c’est quand il fait nuit qu’il est beau de croire à la lumière. Solstice d’hiver : la nuit la plus longue de notre hémisphère Nord, et les jours qui commencent à rallonger. La longue route vers l’été lumineux commence ce soir-là.

 

Christophe Marx

Décembre 2016

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