On a tous nos brocantes…

On a tous dans notre  grenier un truc tordu, un machin cassé, un binz en rideau, un roulement à billes qui roule plus, vu qu’un jour d’un passé lointain, on a perdu les billes…

Comme si on avait dans le corps des cicatrices et des douleurs, devenues presque indolores à force d’être intolérables.

Et qu’il faut bien tolérer si l’on veut survivre.

On a pris des coups dans les gencives, on s’est fait bousculer par des égoïstes et des maladroits, on est tombé dans les pièges des prédateurs –d’autant plus dangereux qu’ils sont parfois nos proches parents, frères, sœurs voire conjoints !

 

Puisque tout le monde jouait des coudes, on s’est mis à le faire aussi.

On a frimé, fait le mariole, on a fait de la séduction ou de l’intimidation : il fallait bien trouver un moyen de jouer sa carte.

On a souvent loupé le coche, laissé partir le dernier train tellement on voulait être sûr de ne pas se tromper, on n’a pas eu de chance et on n’a pas su rebondir ( comme ils disent !).

On a tous eu du mal, reçu du mal, fait du mal…

Même sans le faire exprès. Le système est trop fragile : tôt ou tard il se déglingue et, comme dans le peloton, la chute de l’un fait tomber tous les autres.

On a « tous »… disons, presque tous !

Ceux qui sont peu ou pas blessés, ou ceux qui ont fait ce qu’il faut pour repérer, nettoyer et guérir leurs blessures sont priés de donner un coup de main autour d’eux.

Cela s’appelle la fraternité, et il paraît que ce serait cela qui fonde l’humanité.

Certains en ont fait un métier : rien de déshonorant à gagner ainsi sa vie –quelle expression étrange, décidément !

Il est opportun de reconnaître le travail ( et de « l ‘honorer » financièrement) de tous les soignants du corps.

Et il est tout autant nécessaire  de compter sur ceux qui apaisent les blessures psychiques : les psychothérapeutes.

Mais méfiez-vous des contre-façons :

  • les gourous qui vous vendent leur secte
  • les mystico-gazeux qui vous vendent leurs croyances
  • les escrocs qui vous vendent du vent
  • les charlots qui vous vendent leur incompétence

 

Ajoutons les NPF, les « nouveaux psychothérapeutes  français », produits d’une loi frileuse et inadéquate, sélectionnant des professionnels  à qui on ne demande aucune thérapie personnelle, ni aucune formation à la ( vraie) psychothérapie.

 

La pratique de la psychothérapie est noble et précieuse.

Quelle que soit sa formation initiale, le psychothérapeute se doit d’être consciencieux et responsable, à l’image de tous les professionnels de la relation de soin.

 

Quand on me demande mon métier, il m’arrive d’hésiter à répondre «  psychothérapeute », si le contexte ne s’y prête pas, ou pour couper court à des questions inopportunes

Alors, pour faire bref, et pour ne pas mentir, je réponds parfois malicieusement :

«  Restaurateur d’œuvres d’art » !

 

 

 

 

Dr Christophe Marx

Juillet   2010

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