Polémique en analyse transactionnelle

Le titre de cet article est bien “polémique EN anlayse transactionnelle” et non ” autour de l’analyse transactionnelle”. Car il ne s’agit pas de reproches que d’aucuns peuvent faire à l’AT ( ils ne s’en privent pas et ont toutes les tribunes qu’ils veulent.

Non, il s’agit d’éclairer le lecteur sur une querelle INTERNE à l’AT, qui a démarré autour des années 95, et qui oppose globalement Claude Steiner à ceux qui veulent “ouvrir” l’AT à d’autres approches, au risque d’en faire un pâté d’alouette dont la recette est un cheval pour une alouette.

L’alouette c’est l’AT, bien entendu.

Ce site ne veut pas prendre un parti contre un autre, mais proposer à l’internaute qui nous fait la confiance de venir nous visiter, des informations sur les deux aspects.

Aujourd’hui, la pièce versée au dossier est une lettre très polémique écrite par Claude Steiner, à la suite du congrès mondial d’AT  Zurich en 1998.( Version en anglais à la suite)

Ce débat, qui a débuté il y a plus de dix ans, n’est toujours pas éteint !

Alors, cela vaut le coup de se tenir au courant.

Bonne lecture !

Christophe Marx Enseignant et Superviseur Certifié EATA pour la psychothérapie

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Cher Eric Berne

Je sais bien qu’il n’y a aucun espoir que tu sois quelque part là -haut dans le ciel, ou bien même en enfer, et d’où tu puisses entendre ce que je suis sur le point de dire.

Mais j’ai un besoin irrésistible de m’adresser à toi et je vais faire comme si tu pouvais m’entendre, car je me sens très soucieux et mon esprit déborde de pensées.

Je rentre tout juste de la conférence d’AT Zurich 1998. J’y ai fait étape au cours d’une tournée européenne d’ateliers et pour passer un peu de temps avec mon frère, bien heureux et excité à l’idée de retrouver la tradition qui débuta il y a de nombreuses années à Carmel avec nos conférences d’été. J’ai souvent pensé à toi durant ces 5 jours à Zurich, et je me suis demandé comment tu réagirais si tu avais pu participé aux réunions et présentations, ou parcouru les couloirs de l’université d’Irchel. Je me souviens comme il était important pour toi que nous ayons une organisation internationale, et de ce moment où tu avais attribué il y a déjà longtemps la première franchise internationale à Leonard Ghan, ce travailleur social qui nous rendait visite depuis le Canada.

Et bien mon cher Eric, l’AT est bien devenue une organisation internationale aujourd’hui. Plus de huit cent personnes sont venues remplir les amphithéâtres et les nombreuses salles de cours d’une prestigieuse université européenne. La gestion de l’événement par l’équipe locale a été menée sans relâche par un grand nombre de volontaires travaillant sans ménager leur peine et dans la bonne humeur. Vingt conférences et cent vingt ateliers ont été proposés, deux prix portant ton nom ont été remis, et le tout couronné d’une soirée de clôture en bonne et due forme. Tu aurais été si fier et heureux de voir cela.

Mais voilà , en dépit de ces réalisations, je suis profondément inquiet. Mes inquiétudes sont apparues il y a quelques mois à la conférence d’AT au Mexique et j’ai décidé de participer à autant d’événements comme celui de Zurich que possible, et ce dès les examens d’ouverture jusqu’aux cérémonies de clôture des sessions plénières.

J’ai passé du temps aux tables de cafés et dans les chambres d’hôtel, j’ai abordé les gens et ai été abordé dans les couloirs et les salles de conférence, j’ai interrogé, j’ai écouté et parlé aussi, j’ai débattu, j’ai été en désaccord ou ai été contesté, j’ai approuvé et ai été critiqué, j’ai exulté ou me suis désespéré à ce que j’ai vu et entendu.

Deux tendances ont attiré mon attention. Une positive est le nombre important de personnes au regard vif,
enthousiastes et à l’esprit ouvert avec une soif d’apprendre et d’expérimenter un maximum au cours de ces journées.
Mais d’autre part j’ai perçu au cours des ateliers examen et des conférences comme un brouillard nébuleux, comme fait de guimauve et de bouillon de poulet : propos génériques (bateau), tautologies, prédications et autres logorrhées verbales qui ont fait bouillir en moi une irrésistible envie de hurler : « Show me the AT (en référence certaine avec le dicton américain « Show me the money » NDT).

Au moment même où j’écris, je te devine assis près de moi, les lèvres bien serrées autour de ta pipe avec ton sourire moqueur et tes yeux myopes et pétillants.

Ce brouillard endémique a été amené par des gens brillants, impliqués et de valeur venus du monde entier, qui s’appellent eux-mêmes (bien que certains ne le font qu’en privé) analystes transactionnels, et qui pour des raisons qui m’échappent donnent l’impression d’avoir perdu de vue ton exigence pour la précision et ton dégoût pour la guimauve ou le bouillon de poulet.

A n’en pas douter certains discours et déclaration t’auraient exaspéré au plus haut point. Je t’imagine déjà extraire ta pipe d’entre tes mâchoires serrées et dire: “Voilà qui est intéressant docteur Murgatroid. Ce que j’aimerai savoir est « où est l’AT là -dedans ?» Et pour ma part il m’a fallu bien des efforts pour rester à ma place alors que j’entendais des chapelets d’homélies brodées de myriades de propos gentillets, empathisant et doucereux qui n’avaient pas grand-chose de différent de ceux que des enseignants candides, des prédicateurs ou des thérapeutes prononceraient à une conférence humaniste ou dans une église.

Et pendant tout ce temps là je me suis demandé : Mais où est donc l’AT ?

Où est l’utilisation du contrat dans le travail? Où est l’analyse minutieuse des transactions? Où est le travail de groupe? Où sont les phrases courtes et l’énonciation du problème en termes clairs? Et la recherche de réponses compréhensibles? Où est la puissance du travail?

Ne te méprends pas sur mon propos, l’esprit de l’AT était bien présent dans l’assemblée. Et quand j’interrogeais les gens présent ici et  l’autre conférence MEXAT tenue au Mexique, les gens étaient à l’évidence impatients d’entendre et de parler des bases de l’AT : états du moi, transactions, jeux, strokes, scénario, et pratique de l’AT en groupe avec le contrat.

Mais la plupart d’entre eux n’ont pas perçu la force de l’AT au delà de l’explication de leurs propres processus internes et comment les états du moi peuvent générer de bon ou de mauvais comportements. Il n’ont pas encore perçu ou appris ce en quoi l’AT peut expliquer et améliorer les interactions humaines. Dès les notions de bases intégrées, les enseignants, les superviseurs et les leaders abandonnent l’AT et optent pour un pastiche obscur de psychanalyse et de sermons exaltés. Avant même que l’AT ait eu la chance de montrer sa substance, elle mélangée à toutes ces nouvelles modes émergentes et bien vite transformée en une potée de flocons d’avoine, insipide et vide de sens.

Il est vrai, il faut bien l’admettre, que toi et moi et les autres aventuriers qui t’ont aidé à inventer et définir l’AT n’étions pas franchement une bande de gentils sensibles et qu’en conséquence, l’AT est devenue après ta mort une pratique impitoyable sans coeur et même sans âme. Nous avions besoin de l’assouplir avec de l’empathie et de donner de l’attention au coté émotionnel des rapports humains pour parfaire notre discipline. Et cet effort d’assouplissement est apparu de plusieurs façons.

Jackie Schiff a bien essayé, mais son travail s’est révélé être un échec, voire même dangereux ; Les Gouldings ont fait beaucoup pour introduire de la chaleur et de l’attention dans leur travail sans être dans le Sauveur ; Erskine et Trautman ont développé une technique thérapeutique basée sur l’écoute attentive et j’ai moi-même essayé de développer mes compétences dans le domaine de l’alphabétisation émotionnelle.

Mais je ne crois pas que l’on doive sacrifier l’AT sur l’autel de la candeur. Ce serait, j’en suis certain,
précisément ce que tu n’aurais pas voulu et tu avais été bien clair à ce propos. Bien sûr on avait besoin de donner de l’espace aux émotions, à la bonté, à l’écoute et à l’attention. Mais on peut être plein de bonté et donner de l’attention aux émotions sans perdre de vue l’Analyse Transactionnelle : un groupe tenu par le principe du contrat, avec l’utilisation de l’analyse des transactions pour résoudre des problématiques issues des états Parent, Adulte et Enfant. Voilà ce que j’ai essayé de faire en terme de compétences émotionnelles. On a tant besoin de lien et de contact que l’on accepte de se laisser emporter par un flot de catharsis émouvantes. On a tant besoin de se sentir accepté que l’on ne laisse plus l’AT être l’AT et certains d’entre nous répugnent à appeler leur pratique par son nom. Au lieu de cela on la mélange avec d’autres points de vue innombrables, on la fusionne, on l’intègre ou on l’entremêle comme on tisse
et pour finir elle se retrouve reléguée au siège arrière. On ne lui permet pas de développer ses propres charpentes et on en fait du bouillon de poulet.

Alors évidemment, le bouillon de poulet c’est très populaire, c’est même ce qui se vend de mieux : des millions de livres sur le bouillon de poulet se vendent à cet l’instant. Mais je me fais du souci pour ce qui est en train d’arriver à l’AT et ressens le devoir de me proclamer gardien de la foi non assaisonnée de bouillon de poulet.

Durant cette conférence comme au cours de beaucoup d’autres d’ailleurs, ton portrait n’était pas présent comme tu nous avais recommandé que nous le fassions, nous ou toute autre personne désireuse de permettre à une organisation de survivre et croître dans le sillon tracé par son fondateur et leader originel après son décès. Ceci n’est qu’un symptôme du sujet dont je te parle. Quand j’en fais mention, on me parle de dogmatisme et de culte. Mais ce que je vois moi, c’est que ton image et tes idées sont en train d’être dissipées et remplacées au lieu d’être examinées, mises en pratique et répandues. Bien souvent elles sont abandonnées pour des homélies génériques provenant d’autres disciplines dont certaines sont simplistes et basiques, et certaines autres sont même contraires aux objectifs de l’AT : travailler
en groupe, analyser les transactions, passer des contrats dans un objectif thérapeutique, cesser les jeux, abandonner les scénarios, résoudre les problèmes d’une façon objective. Afin de bien faire les choses et non bien paraître, de vivre dans l’ici et maintenant et non dans des projections, de parler un langage simple et compréhensible et non produire des nuées de brouillard verbal, et avant tout de mettre en pratique les méthodes d’analyse transactionnelle et non les considérer comme des idées subalternes.

Comme j’exprimais cette opinion autour de moi, j’ai rencontré parmi les participants et enseignants nombre d’entre eux qui partageaient mon inquiétude et voulaient agir pour que « l’AT reste l’AT », et lui permettre de réaliser son potentiel. Je crois que nous avons à peine encore mis en évidence et exploité ce potentiel en AT. Et je veux que l’AT (et donc tes idées) ait une chance de trouver sa place au soleil avant qu’elle ne soit réduite à un mouvement charismatique et dominé par des idées sans structure forte, un mouvement obscure et oublié.

À cette fin j’essayerai de convaincre les rédacteurs du TAJ, le comité de direction du programme de conférence de l’ITAA et les membres de comité de récompense Eric Berne qu’ils examinent la teneur analytique (transactionnelle) des discours et écrits et leur contribution à l’Analyse Transactionnelle avant que nous ne nous n’autorisions leur parution
dans le TAJ ou la programmation lors de nos conférences. Ce dont je veux entendre parler c’est de ce qui se passe en Analyse Transactionnelle. Si quelqu’un vient dans un lieu de l’ITAA pour parler de la Gestalt, du Client Centered Counseling, l’IP, la PNL ou n’importe quelle autre discipline, j’aimerai bien savoir comment cela va m’aider a être un meilleur praticien en analyse transactionnelle et non un mutant Gestalto-Rogerien-AT-IP-PNL à cinq têtes.

De plus je veux jouer un rôle influent dans la prochaine campagne de relations publiques pour transmettre avec clarté aux professionnels des domaines thérapeutiques, éducatifs et des organisations, ainsi qu’au grand public, ce que l’AT est et ce qu’elle peut apporter. Je crois que le potentiel de l’analyse transactionnelle est en grande partie inexploité ; je souhaite que nous l’adoptions, l’étudions et en faisions usage comme cela était prévu à l’origine :
analyser des transactions au sein de groupes ou de l’environnement social au lieu de l’enterrer dans la fosse commune des homélies obscures et des prêches psychanalytiques.

Je t’aime et tu me manques,

Claude Steiner

Dear Eric Berne

I know that there is no hope that you are in a place somewhere up there or even down below from which you would be listening about what I am about to say.

But I have a great urge to speak to you and I will pretend that you can hear me, for I am very concerned and my mind is overflowing with thoughts.

I have just attended the 1998 Zurich TA conference. I attended this conference as a stop in a European workshop tour and for a stay with my brother, glad and excited to have the opportunity to revisit the tradition that started years ago with our summer conferences in Carmel. During the five days in Zurich I thought of you often; of how you would react if you could attend the meetings and lectures and walk the halls of Irchel University. I remembered how important it was to you that there be an international organization and how, when years ago Leonard Ghan a social worker from Canada came to visit the seminar you gave him, sight unseen the first international, Canadian franchise.

Well dear Eric, TA is a truly international organization today. More than eight hundred people attended and filled the great lecture halls and the many classrooms of a famous European university. The organization by the local group was flawlessly, tirelessly and cheerfully executed by an unusually large number of volunteers. Twenty large lectures and 120 workshops were offered, two awards in your name were presented and a jumping up-and-down party was duly held. You would have been proud and happy.

But I in spite of all of these accomplishments I am deeply troubled. My concerns began some months go at a TA conference in Mexico and so to further inform myself I decided to attend as many Zurich happenings as possible, starting with the examinations and ending with the closing plenary sessions.

I sat at sidewalk tables and in hotel rooms, approached people and was approached by them in the halls and meeting places, examined, listened and spoke, debated, disagreed, was disagreed with, praised and offered criticism, exulted and despaired at what I saw and heard.

Two trends caught my attention. On the positive side a large mass of bright-eyed people, enthusiastic, open hearted, eager to learn and experience and make the most of these few days. On the other hand at examinations workshops and lectures I experienced a great cloud of fog, made up of marshmallows, and chicken soup; generic utterances, tautologies, preachments and overlong sentences which left me with an overpowering urge to shout : “Show me the TA!”

(As I write I am seeing you sitting across from me, lips pressed together around your pipe in a sardonic smile, your myopic eyes twinkling as I speak)

This endemic fog came from bright, concerned, profound, excellent people who had come from all corners of the world; people who call themselves (albeit some only privately)transactional analysts, and who for one reason or another, seem to have lost sight of your high standards of crispness and your loathing of marshmallows and chicken soup.

There were speeches given and statements made which I am certain you would have regarded with impatient exasperation. I can just imagine your pulling your pipe from your clenched teeth as you said: “That’s very interesting, Dr. Murgatroid. What I want to know is “Where is the TA?” I personally had to make repeated efforts to stay in my seat as I heard strings of homilies piled upon buckets of kind, attuned, love inspiring words which did not distinguish themselves from what might have been said by any kind, open hearted teacher, preacher or therapist at any humanistically oriented conference or church.

And all the time I asked myself: Where is the TA?

Where is the contractual work? Where is the painstaking analysis of transactions? Where is the group treatment? Where are the short sentences, the statements of the problem, and the search for the easily understood answers? Where is the potency?

Don’t get me wrong, the spirit of TA is alive and well in the ranks. When asking around here and at that other MEXAT conference in Mexico, the people are clearly eager to hear and speak about TA basics; egos states, transactions, games, strokes and scripts and to practice TA in groups with contracts.

But most people have not seen TA’s potency beyond the way in which it explains their own internal process and how ego states function to make things good or bad. They have not yet seen or been taught the way in which TA can explain and perfect human interactions. Beyond the most basic level of understanding teachers, supervisors and leaders are abandoning TA and are opting instead for regression to a murky pastiche of psychoanalysis and/or lofty preachments. Before TA has had a chance to show its stuff it’s being blended with every emerging fad and is being turned into tasteless, meaningless oatmeal.

It is true, let us admit it, that you and I and those cowboys who helped you invent and shape TA where on the whole not an open hearted bunch and that, as a consequence, TA emerged, after you died, as a somewhat heartless even soulless practice. We needed an empathic softening, an attention to the emotional side of human interaction to round out our discipline. And that attempt at softening came from many directions. Jackie tried but her work became, for some reason a failed, some even say toxic, enterprise. The Gouldings went a long way in introducing warmth and caring, free of Rescuing, Erskine and Trautman have developed a finely attuned therapeutic technique and my own developments in emotional literacy represent an effort in that direction as well.

But I don’t believe that we need to sacrifice TA on the altar of open heartedness. That would be, I am certain, exactly what you did not want, you made that sufficiently clear. True we needed to make room for emotions, kindness, attunement, nurturing. But the heart can be opened and empathy and emotional attunement can be pursued without losing sight of Transactional Analysis; a group centered, contract driven, Parent, Adult and Child inspired problem solving method based on the analysis of transactions. That is what I have tried to do with emotional literacy. We so long for bonding and connection that we allow ourselves to be flushed away in a flood of emotional catharsis. We so long for acceptance that we fail to allow TA to be TA some are even loath to call what they do by its name. Instead we blend unify integrate weave it with and give it a back seat to countless other points of view. We don’t allow it to find its own powerful legs, we turn it instead into chicken soup.

And no wonder; Chicken Soup is a very popular, best selling concept; millions of books dispensing it are being sold as we speak. But I am worried about what is happening to TA and I feel compelled to appoint myself as the keeper of the chicken soup free faith.

At this conference as at many others your picture was not exhibited as you recommended to us and to any one who wants to have a organization that survives powerfully in the footsteps of a dead primal leader. That of course is only a symptom of what I am speaking. When I bring this up there is talk of dogmatism and cult. But to my way of seeing things, your image and ideas are fading and are being replaced instead of being examined, tried and amplified. In many instances they are being substituted with generic homilies from other disciplines some of which are simple minded and obvious and some which are objectionable given TA stated aims; to work with groups, to analyze transactions, to make contracts to cure, stop playing games, give up scripts, solve problems in a verifiable manner. For doing things well instead of sounding good, for getting there instead of towarding, for talking plain simple Martian instead of producing clouds of verbal fog, for trying transactional analysis methods first instead of, as an after thought.

As a voiced these views, I found, among the ranks and the teachers, many who shared my concern and want to do something to “let TA be TA” and allow it to find what it can do. I believe that TA’s potential has been barely tapped or tested. I want it (and therefore your ideas) to have an opportunity for a place in the sun before it gets shredded into a faddish, obfuscating, pap-ridden, failed movement.

To that end I will endeavor to convince the TAJ editors, ITAA conference program chairpeople and Eric Berne award committee members to screen papers for their transactional analytic contribution to transactional analysis before we afford them the TAJ forum or conference platform. I want to hear about what people are doing with Transactional Analysis. If someone uses the ITAA venue to speak about Gestalt, Client Centered Counseling, IP, NLP or any other discipline I want to know how it can help me be a better transactional analyst not a five headed Gestalt/Rogerian/TA/IP/NLP mutant.

In addition I want to play an influential role in the coming public relations campaign to crisply convey to professionals in the fields of therapy, education and organizations as well as the general public what TA is and what it can do. I believe that transactional analysis’s potential is largely untapped; I want us to embrace, study and use it as it was intended: to analyze transactions in groups and social situations instead of burying it in cemetery of foggy homilies and psycho-analytic preachments.

I love you and miss you

Claude Steiner

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