Etre orgueilleux, c’est oublier qu’on est Dieu.

C’est Simone Weil qui écrit Dieu. L’époque actuelle écrirait dieu.

De toute façon, chacun pense, dit et écrit ce qu’il veut. On ne va pas pinailler sur une minuscule majuscule.

Nelson Mandela le disait avec ses mots dans son discours d’investiture en 1994 :

« Notre peur la plus profonde n’est pas que

nous ne soyons pas à la hauteur.

Notre peur la plus profonde est que

nous sommes puissants au delà de toute limite.

C’est notre propre lumière

— et non pas notre obscurité —

qui nous effraie le plus.

 

Nous nous posons la question :

‘Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux,

talentueux et merveilleux ?

 

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?

Vous êtes un enfant de Dieu !

Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.

L’illumination n’est pas de vous rétrécir

pour éviter d’insécuriser les autres.

 

Nous sommes nés pour rendre manifeste

la gloire de Dieu qui est en nous.

 

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus ;

elle est en chacun de nous et, au fur et à mesure

que nous laissons briller notre propre lumière,

nous donnons inconsciemment aux autres

la permission défaire de même.

 

En nous libérant de notre propre peur,

notre présence libère automatiquement les autres. »

 

 

Emmanuel Levinas prétend lui que notre divin, notre intime est subjectif, vulnérable.

Sinon nous ne serions qu’invincibles.

Inhumains, donc.

 

Du coup, nous voilà capable de toute forme de respect, puisque nous cessons d’être indifférents à la présence de l’autre.

Présence forcément traumatisante, puisque venant d’une radicale altérité.

 

Prenons garde à la violence d’une pensée qui croit pouvoir tout habiter : visons la sagesse de l’incertitude.

La morale n’est pas de l’ordre d’un devoir-être, c’est un fait, un traumatisme : celui que produit la rencontre du visage d’autrui.

Nous serions d’après Levinas, éthiquement responsable de l’autre.

Et pourquoi pas l’autre de nous ? « Je suis responsable d’autrui sans attendre de réciproque, dût-il m’en coûter la vie. La réciproque, c’est son affaire. » tranche le philosophe.

 

Oups !

 

Sans doute faut-il écouter des êtres comme ces auteurs pour éloigner la tentation de connaître le Bien et le Mal, de désigner des bouc-émissaires, de se réfugier dans la maison des bien-pensants, des savants, des penseurs et des va-t’en guerre…

 

Allez, une dernière de Levinas, pour la route !

« Je pense donc, tu n’es pas. »

 

Christophe Marx

Janvier 2018

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